Cette thèse est consacrée à l’étude des industries lithiques du nord de l’Aquitaine entre le Ve et le IIIe millénaire avant notre ère, à partir d’un corpus limité à la Gironde et à la Dordogne. Si les indices d’occupation sont nombreux, les données demeurent lacunaires et sous-exploitées, sur la base d’une bibliographie relativement restreinte. Dans ce contexte historiographique, marqué par les travaux de J. Roussot-Larroque et de P. Fouéré, l’étude entend contribuer à un renouvellement des connaissances à travers l’approche technologique.
Le corpus est constitué d’ensembles provenant de contextes géographiques et archéologiques variés issus de fouilles de sauvetage, préventives et programmées (La Lède-du-Gurp, Le Peuilh, Le Pétreau, Roquefort, Les Gillets, Laugerie-Basse Abri des Marseilles, Muguet-Ouest). Leur diversité géographique permet d’appréhender des contextes contrastés et de comparer les dynamiques techno-économiques dans le temps et l’espace, à travers la reconstitution des chaînes opératoires.
Les résultats de l’analyse des chaînes opératoires suggèrent, dès le début du Néolithique, des influences méridionales (armatures de type Bétey), mais aussi des rapprochements latents avec le Centre-Ouest atlantique. Le Néolithique moyen reste encore difficile à définir, bien que des proximités avec les dynamiques du Centre-Ouest apparaissent en filigrane, en accord avec les données céramiques. Le Néolithique récent, quant à lui, apparaît clairement inscrit dans l’aire technoculturelle du Centre-Ouest. Le Néolithique final, bien que peu abordé ici, montre également la présence de marqueurs propres aux faciès du Centre-Ouest.
Toutefois, l’absence fréquente de datations, l’hétérogénéité des contextes et la variabilité des séries limitent la portée des interprétations. Cette recherche, en soulignant à la fois les apports et les lacunes de la documentation, invite à un réexamen critique des collections et à un renouvellement des analyses. L’approche technotypologique des armatures se révèle particulièrement pertinente pour affiner la périodisation et mieux comprendre les traditions techniques régionales.
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This dissertation focuses on the study of lithic industries in northern Aquitaine between the 5th and 3rd millennia BCE, based on a corpus limited to the Gironde and Dordogne areas. Although evidence of occupation is abundant, the available data remain fragmentary and underexploited, relying on a relatively restricted bibliography. Within this historiographical context, largely shaped by the works of J. Roussot-Larroque and P. Fouéré, this study aims to contribute to a renewal of knowledge through a technological approach.
The corpus consists of assemblages from varied geographical and archaeological contexts, originating from rescue, preventive and programmed excavations (La Lède-du-Gurp, Le Peuilh, Le Pétreau, Roquefort, Les Gillets, Laugerie-Basse Abri des Marseilles, Muguet-Ouest). Their geographical diversity makes it possible to address contrasting contexts and to compare techno-economic dynamics across time and space, through the reconstruction of reduction sequences (chaînes opératoires).
The analysis of these reduction sequences suggests that, from the beginning of the Neolithic, there were southern influences (e.g. Bétey-type projectile points), but also latent connections with the Atlantic Centre-West. The Middle Neolithic remains difficult to define, although certain similarities with Centre-West dynamics can be discerned, in agreement with ceramic evidence. The Late Neolithic is more clearly integrated into the techno-cultural sphere of the Centre-West, while the Final Neolithic—although less extensively studied here—also reveals markers characteristic of Centre-West facies.
However, the frequent absence of radiocarbon dates, the heterogeneity of contexts and the variability of the assemblages limit the scope of interpretation. By highlighting both the contributions and the gaps in the available record, this research calls for a critical reassessment of collections and a renewal of analytical approaches. In particular, the techno-typological study of projectile points proves to be especially valuable for refining the chronology and for a better understanding of regional technical traditions |