Soutenance de thèse de Lucie SCHNELLER LORENZONI

Les animaux dans la ville. Le partage difficile d'un espace commun, entre errance et proximité, normes et résistances (Toulouse, XVIIe-XVIIIe siècles)


Titre anglais : Animals in the city. The difficult sharing of a common space, between wandering and proximity, norms and resistance (Toulouse, 17th-18th centuries)
Ecole Doctorale : TESC - Temps, Espaces, Sociétés, Cultures
Spécialité : Histoire
Etablissement : Université Toulouse II Jean Jaurès
Unité de recherche : UMR 5136 - FRAMESPA- France, Amériques, Espagne-Sociétés, pouvoirs, acteurs
Direction de thèse : Valérie SOTTOCASA- Francis DUPUY


Cette soutenance aura lieu lundi 16 novembre 2026 à 14h00
Adresse de la soutenance : Université Toulouse 2 Jean Jaurès, 5 allées Antonio Machado, 31058, Toulouse Cedex 9 - salle Salle D29 Maison de la Recherche

devant le jury composé de :
Valérie SOTTOCASA   Professeur des universités   Université Toulouse - Jean Jaurès   Directeur de thèse
Francis DUPUY   Professeur émérite   Université Toulouse - Jean Jaurès   CoDirecteur de thèse
Sandrine COSTAMAGNO   Directrice de recherche   Université Toulouse - Jean Jaurès   Examinateur
Pierre SERNA   Professeur des universités   Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne   Examinateur
Arnaud EXBALIN   Professeur des universités   Université Paris Nanterre   Rapporteur
Charles STéPANOFF   Directeur d'études   Université Paris Sciences et Lettres   Rapporteur


Résumé de la thèse en français :  

Les animaux, notamment les animaux domestiques tels que les chiens ou les chevaux, occupent une place importante dans les conflits toulousains des XVIIe et XVIIIe siècles. Or, le rôle des animaux non humains dans la violence quotidienne a souvent été laissé de côté par les chercheurs, alors qu'ils sont pleinement intégrés aux conflits des communautés urbaines. Ma thèse est ainsi centrée sur l'historicisation des statuts différenciés des animaux selon les formes de violence (animaux reconnus comme des individus intégrés aux tensions quotidiennes qui maintiennent et définissent le corps social ; animaux réifiés dans des violences légitimes et invisibilisées où ils sont mis au service des humains – abattoirs par exemple). À mesure du dépouillement des sources, je remarquai des velléités normatives fortes de la part des autorités municipales au niveau de l’urbanisme. Ces dernières promeuvent un ordre public purifié de la présence des animaux qui ne sont pas directement assignés à leur propriétaire, ou enfermés dans un espace privé. Les résistances de nombreux habitants face à cette réglementation invitent à confronter différentes manières de coexister avec les animaux, voire différentes manières de concevoir les animaux eux-mêmes, lesquelles pourraient s’inscrire dans un changement cosmologique profond que l’anthropologue Philippe Descola situe au XVIIe siècle. L’idée de nature se construirait alors peu à peu comme une entité uniforme extérieure aux humains, qu’ils sont à même d’étudier, classer, contrôler et exploiter. Ces différents axes forment le squelette de ma thèse, qui s’articule ainsi autour de la tension entre velléités normatives et pratiques quotidiennes, des notions de violence et de commun, de communautés hybrides faites d’échanges conflictuels mais aussi affectifs, de vengeances et d’entraides, de cohabitation souhaitée ou forcée, et des déambulations animales, qui (re)dessinent en permanence les frontières des espaces partagés.

 
Résumé de la thèse en anglais:  

Animals, particularly domestic animals such as dogs and horses, play a significant role in the inter-individual conflicts of 17th- and 18th-century Toulouse. However, the role of non-human animals in daily violence has often been overlooked by researchers, despite their full integration into conflicts within urban communities. My thesis thus focuses on historicizing the differentiated statuses of animals according to the forms of violence involved (animals recognized as individuals integrated into the daily tensions that maintain and define the social body; animals reified in legitimate and invisibilized forms of violence where they are put at the service of humans – slaughterhouses, for example). As I analyzed the sources, I observed strong normative tendencies on the part of municipal authorities regarding urban planning. These authorities promote a public order purified of the presence of animals that are not directly assigned to their owners or confined to private spaces. The resistance of many inhabitants in the face of this regulation invites confronting different ways of coexisting with animals, even different ways of conceiving of animals themselves, which could be part of a profound cosmological shift that the anthropologist Philippe Descola situates in the 17th century. The idea of ​​nature would then gradually be constructed as a uniform entity external to humans, which they are able to study, classify, control, and exploit. These different axes form the framework of my thesis, which is structured around the tension between normative aspirations and daily practices, the notions of violence and the common, hybrid communities made up of conflictual but also affective exchanges, of revenge and mutual aid, of desired or forced cohabitation, and the wanderings of animals, which constantly (re)draw the boundaries of shared spaces.

Mots clés en français :Animaux, Violence, Communautés, Non-humains, Territoire, Toulouse,
Mots clés en anglais :   Animals, Violence, Communities, Non-humans, Territory, Toulouse,